Histoire

Avant 1938 la couverture de la frontière était assurée par les bataillons du Landsturm recrutés dans la région limitrophe 24 ou 48 heures avant le premier jour de mobilisation. Ils étaient en mesure de barrer les accès principaux au territoire. Les quelques faiblesses de ce système remarquées lors de la grande guerre 14-18 forcèrent l’état major à constituer, à titre d’essai, une couverture territoriale renforcée chargée de barrer en profondeur les principaux axes d’accès du pays. En ce qui concerne le canton de Neuchâtel cette mission fut attribuée 1936 au divisionnaire Roger de Diesbach commandant de la 2ème division.

Il décida de barrer les 3 axes principaux du canton soient : La Vue des Alpes, La Tourne et le Val de Travers, constitua une dizaine de groupes d’arrêt et une quinzaine de postes de sûreté aux endroits où les chars ennemis ne pouvaient quitter aisément les axes de pénétrations.

Les groupes d’accès était parfois renforcés par une pièce d’artillerie antichar de 7,5 cm et les postes de sûreté était composé d’hommes habitants le secteur des emplacements de combat.

Le bataillon 19 devint alors le groupe d’alerte chargé de  » tenir  » La Tourne. C’est sous les ordres du commandant du Bataillon 19 que furent placés jusqu’à la Mob. les différents groupes d’intervention. Le commandant  devait tenir leur état nominatif, assuré leur instruction sur les lieux de combat et les assermenter en temps de paix.

Le commandant Diesbach confia l’organisation de la couverture renforcée de la frontière au Col. Carbonnier qui devint le 1er commandant de la BF2.

L’énergique impulsion de ce chef que doublait un architecte de talent contribua à la rapide et correcte mise en défense de notre secteur délaissé par le bureau fédéral des fortifications occupé par les travaux du front nord et ceux de Sargans. Cette organisation fut maintenue jusqu’au 31 décembre 1937 c’est à dire jusqu’à l’entrée en vigueur de la nouvelle loi d’organisation militaire du 1er janvier 1938 qui créait toutes les brigades frontières de la confédération.

C’est en 1938 qu’est née la BF2 dont la zone d’action s’étendait à l’est jusqu’à St Brais, Sonceboz et Taubenloch ce secteur ne comprenait alors que quelques ouvrages minés et barricades.

La Bf2 se composait de trois régiments et de diverse unités de brigades soit :

  • le rgt fr fus 43 ( bat fr fus 221, 222, 223 )
  • le rgt fr car 44 ( bat fr car 224, 225 )
  • le rgt fr car 45 ( bat fr car 226, 227)

Le premier régiment était recruté dans la partie francophone du canton de Berne et les deux autres dans celui de Neuchâtel, il y avait aussi trois troupes légères (élite)

  • cp mot mitr 2
  • cp mot ca inf 22
  • cp mot cyc 22

Les bataillons frontière étaient organisés sur mesure en fonction du compartimentage de leur secteur.

Les hommes d’élites avaient une double incorporation: Dans la compagnie de frontière ( incorporation primaire) et dans celle de base

( incorporation secondaire).

Ce système permettait selon les cas, de retirer les homme d’élite des bataillons d’élite pour toutes les missions éventuelles ou de licencier les hommes de la Landwehr et du Landsturm pour ne faire tenir le secteur que par les bataillons de base.

Le bataillons fusiller 22 (BE f) et le bataillons carabinier 2 (NE) étaient les bataillons de base de la brigade frontière 2.

Le bataillon carabinier 2 avait donc quatre compagnies de carabiniers, une pour chaque bataillon frontière.

Le service actif.

Lors de la mobilisation du 28 août 1939, le PC de la brigade s’installe à l’hôtel du soleil à Neuchâtel, puis plus tard, à la clinique du Chanet et la brigade se met avec une très grande vigueur à construire elle-même ses fortins et barrages antichar.
Les fortins de Valangin furent construit en 1939 par la troupe ( gros œuvre ) et terminé par des entreprises privées.
Ils ont été conçus dans le but d’être le dernier rempart de fortifications de frontière avant d’arriver sur le plateau, axe côtes du Doubs-Berne 12 hommes occupaient l’ouvrage 950 et 7  l’ouvrage 951.

De septembre 39 ä juin 40, la deuxième division renforcée est engagée dans. le secteur de la brigade qui passe alors sous ses ordres. La brigade légère 2 cantonne dans les Franches-Montagnes, le régiment d’infanterie 13 sur le front   Les Brenets- Sonmartel. Le groupe d’exploration 2 patrouille dans la vallée des Ponts tandis que le régiment d’infanterie 8 s’établit entre la vue des Alpes et la Tourne et le régiment d’infanterie 1 du Creux-du-Van à Vaumarcus.

Mi-juin 40, lors de l’arrivée des Allemands à la frontière du Jura, la deuxième division se trouve dans le secteur de la brigade frontière 3. Elle dépêche le bataillon fusiller 18 à Saignelégier et le bataillon fusiller 19 aux Verrières.

La brigade participe ainsi partiellement du 16 au 22 juin 40 à l’internement du 45ème corps d’armée franco-polonais (67ème div. française, 2ème div. polonaise et 7ème régiment de spahis algérien). Les troupes internées franchissent la frontière dans le secteur du Doubs, principalement dans le Clos-du-Doubs. Des détachements anglais et belges entrent au col des Roches. Dès juillet 1940 et pour quelques mois seulement, la deuxième division ne laisse plus dans le secteur de la brigade que le régiment 8, chargé de tenir Neuchâtel, où il construit barricades et fortins avant de partir pour le Réduit. Il y commença son dur apprentissage de troupe de montagne, mais combien de fois, apercevant de leurs sommets la ligne bleu du Jura, nos fusiliers n’ont-ils pas adressé une pensée amicale et confiante à leurs camarades de la BF2 ? Le sacrifice total que l’on réclamait de ces bataillons frontière conditionnait l’utile intervention de la division dans son secteur d’opération.

Du 28 au 31 janvier 1943, le commandant de la brigade organise à St-Imier-Mont Soleil les championnats d’hiver de la brigade frontière 2.

Au cours du  service actif la BF2 est renforcée organiquement par les bataillons territoriaux 166 et 167 ( NE) qui sont groupés en un régiment ad hoc sur la Basse Areuse et à Neuchâtel. Des troupes de l’armée de campagne ne sont engagées à nouveau en zone frontière qu’à partir de l’arrivée de l’armée de Lattre en Franche Comté, en août 44, et ceci jusqu’en novembre.

Réorganisation de 1952

En 1952, le régiment 43 quitte la brigade qui est amputée du secteur correspondant. Les bataillons territoriaux sont  dissous. les bataillons d’élite et le bataillons carabinier 2 entre dans la composition du régiment d’infanterie 8. De son côté, la bataillon 224 devient fribourgeois tandis que les unités de troupes légères passent à la brigade légère1. Notons au passage qu’avec l’arrivée du colonel Krügel apparaissent les bandes vertes réservées jusque là au chef d’arme de l’infanterie. Il faut attendre le brigadier Glasson pour que l’on confère enfin à notre commandant les feuilles de laurier correspondant à sa fonction.

Brigade de combat

Si les organisations subséquentes n’ont pas apporté à la brigade de modification fondamentale, remarquons toutefois que l’ancienne couverture frontière s’est progressivement transformée en une brigade de combat comparable à nos grandes unités d’armée.

Nous tenons à remercier Monsieur le divisionnaire Denis Borel et le colonel Alain de Reyner, ainsi que les anciens commandants de la brigade pour leur aimable collaboration.

Les commandants de la BF2
Col Louis Carbonnier, 1886 architecte à Neuchâtel ( pendant toute la période 1936/38 – 45).
Col Marcel KruegeL, 1893 fabricant de pierres pour l’horlogerie à Travers.
Col Jean Grize, 1895, directeur de l’Ecole de commerce à Neuchâtel.
Col Georges Marti, 1903, pharmacien à Cernier, domicilié au Château de Thielle.
Br Pierre Glasson, 1907, président de l’association des fabricants de cigarettes à Fribourg.
Br Léo Du PAsquier, 1910, Directeur général d’Ebauches S.A à Neuchâtel.
Br Ernest Grandjean, 1916, suppléant du chef d’arme des troupes mécanisées et légères à Thoune.
Br Gilles chavaillaz, 1922, officier instructeur de troupes mécanisées et légères à Posieux